Mouvement anti-corruption indien de 2011

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Mouvement anti-corruption indien de 2011
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Manifestants à Bangalore le .
Informations
Date 2011
Localisation Drapeau de l'Inde Inde
Caractéristiques
Revendications Création d'une institution forte et indépendante de contrôle de la corruption
Types de manifestations Manifestation, grève de la faim
Coordonnées 29° nord, 77° est
 

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Le mouvement anti-corruption indien de 2011 est une série de manifestations et de protestations à travers l'Inde afin de revendiquer l'adoption et la mise en application d'une législation rigoureuse contre la corruption politique[1].

Le mouvement a gagné en importance à partir du quand l'activiste Anna Hazare a entamé une grève de la faim au Jantar Mantar de Delhi. La mobilisation a principalement été non violente, basée sur la résistance civile, les manifestations et marches, les actes de désobéissance civile, les grèves de la faim, les rassemblements ainsi que l'utilisation des médias sociaux pour l'organisation et la communication. La revendication principale du mouvement était l'adoption du Jan Lokpal Bill (« projet de loi citoyen sur le défenseur du peuple ») par le Parlement indien.

Contexte

La corruption politique est depuis de nombreuses années un sujet majeur en Inde. En 2010, le pays était classé au 87e rang mondial par Transparency International d'après l'indice de perception de la corruption[2]. Selon l'ONG, environ 40 % des Indiens ont eu l'expérience directe de payer des pots-de-vin ou d'exercer un trafic d'influence[3].

Dans les années 2010, plusieurs scandales de corruption ont impliqué des membres du gouvernement, pour l'attribution de licences de téléphonie mobile, les marchés publics liés aux jeux du Commonwealth de 2010, les mines de charbon, une société immobilière de Mumbai ou encore l'allocation de permis pour des mines de charbon.

Par ailleurs, de nombreux politiques condamnés dans différentes affaires continuent d'être élus dans les panchayats ou au Parlement[4],[5],[6].

Cette situation conduit certains Indiens, notamment des représentants de milieux d'affaires[7], des politiques[8] ou même des sportifs[9] à protester contre la corruption.

Grève de la faim d'Anna Hazare à Jantar Mandar

Anna Hazare, le deuxième jour de sa grève de la faim à Jantar Mandar.

En 2011, Anna Hazare demande au gouvernement de mettre en place un comité composé de représentants du gouvernement et de la société civile afin d'élaborer une loi anti-corruption prévoyant des sanctions plus lourde et une indépendance accrue du Lokpal (ombudsman fédéral) et des Lokayuktas (ombudsmen dans les États)[10]. Après le refus du Premier ministre Manmohan Singh, Hazare entame le à Delhi une grève de la faim et annonce qu'il la poursuivra jusqu'à ce qu'une loi soit adoptée[11]. Il reçoit le soutien de nombreuses personnes, dont 150 qui rejoignent sa grève de la faim[12]. Il refuse toutefois que les politiques le rejoignent ou le soutiennent[13].

Des manifestations de soutien ont lieu dans plusieurs villes comme Bangalore, Mumbai, Chennai, Ahmedabad, etc.[14].

Le gouvernement réagit le en annonçant le dépôt d'une loi au Parlement à la prochaine session[15] puis, le 9 avril, en acceptant de créer une commission composée à 50 % de membres de la société civile, ce qui permet à Hazare de mettre fin à son jeûne[16]

Ramdev à Ramlila Maidan

Plus tard, le swami Ramdev annonce le lancement d'une « Satyagraha contre la corruption » et pour rendre l'Inde spirituellement plus forte[17]. En , il rencontre plusieurs ministres du gouvernement et les deux parties annoncent avoir trouvé un accord[18],[19], mais Ramdev poursuit son mouvement et entame une grève de la faim le à Ramlila Maidan à Delhi.

Le , la police investit les lieux, arrête Ramdev et expulse ses soutiens[20].

Le Congrès dénonce l'agitation de Ramdev comme un jeu politique du Bharatiya Janata Party[21].

Manifestations d'août

Manifestation anti-corruption à Pune.

Le , Anna Hazare annonce qu'il a informé le Premier ministre de sa décision d'entamer une grève de la faim le à Jantar Mantar[22],[23]. Il reçoit de nombreux soutiens, comme celui du Syndicat des taxis de Mumbai[24], des avocats de la Haute Cour d'Allahabad[25] ou du Vishwa Hindu Parishad[26].

Au matin du , Anna Hazare est arrêté par la police[27]. Des manifestations ont lieu et l'action de la police est condamnée par les partis d'opposition.

Le , Anna Hazare quitte la prison de Tihar après avoir obtenu de la police l'autorisation de jeûner pendant 15 jours à Ramlila Maidan[28]. Ses revendications sont alors une charte citoyenne, une réduction de la bureaucratie associée au Lokpal et l'établissement de Lokayuktas dans tous les États. Un débat a lieu au Parlement le et les chambres approuvent ces principes[29] ce qui permet à Hazare de mettre fin à son [30].

Manifestations de décembre

Anna Hazare entame une nouvelle grève de la faim le à Mumbai[31] malgré l'opposition de certains membres de son mouvement, notamment Arvind Kejriwal et Kiran Bedi, qui s'inquiètent de sa santé[32].

Dans le même temps, les débats se poursuivent au Parlement et la loi sur le Lokpal est adoptée par la Lok Sabha mais sans le statut constitutionnel réclamé par le mouvement anti-corruption car la majorité des deux-tiers des députés n'est pas atteinte[33].

Conséquences du mouvement

Loi sur le Lokpal et les Lokayuktas

Après le vote de la Lok Sabha, le projet de loi sur le Lokpal est transmis à la Rajya Sabha. Le projet de loi n'est envoyé en commission qu'en puis finalement adopté le après un nouveau passage à la Lok Sabha. Le Lokpal and Lokayuktas Act est promulgué le et entre en vigueur le [34],[35].

Aam Aadmi Party

Arvind Kejriwal, en désaccord avec Anna Hazare, décide en 2012 de transformer le mouvement anti-corruption en parti politique. Il lance le le Aam Aadmi Party ou AAP (« parti de l'homme du peuple »).

Lors des élections de décembre 2013 pour l'Assemblée législative du territoire de Delhi, l'AAP arrive deuxième derrière le Bharatiya Janata Party et devant le Congrès sortant en remportant 28 des 70 sièges. Kejriwal forme un gouvernement minoritaire mais ne parvient à se maintenir au pouvoir que jusqu'en .

Le parti présente des candidats pour les élections législatives d'avril-mai 2014.

Références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « 2011 Indian anti-corruption movement » (voir la liste des auteurs).
  1. Chandrahas Choudhury, « Indians Divide Over Policing a Watchdog: World View », bloomberg.com, (consulté le )
  2. (en) « Corruption Perceptions Index 2010 » (consulté le ).
  3. « India Corruption Study – 2008 », Transparency International,
  4. Seema Chishti, « India's love affair with 'tainted' politicians » (version du 9 juillet 2011 sur l'Internet Archive), BBC News,
  5. Emily Wax, « With Indian Politics, the Bad Gets Worse », (consulté le )
  6. Dionne Bunsha, « Dons in a new role », Frontline, The Hindu, vol. 21, no 25,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « An open letter to our leaders on corruption – Rediff.com Business », Rediff.com (consulté le )
  8. « Chandra Babu Naidu to Launch Anti-Corruption Agitation », The India Daily (consulté le )
  9. Press Trust of India, « Anna Hazare announces fast unto death till Jan Lokpal Bill enacted », (consulté le )
  10. « Anna Hazare to start fast unto death for strong Lokpal Bill », (consulté le )
  11. « India activist Anna Hazare anti-graft fast stokes anger » (version du 8 avril 2011 sur l'Internet Archive), BBC,
  12. « Thousands join Anna Hazare's anti-graft fight » (version du 11 mai 2011 sur l'Internet Archive), IBN Live,
  13. « Uma Bharti, Chautala heckled at Hazare protest », (consulté le )
  14. « Northeast support to Hazare's », The Times of India, (consulté le )
  15. Nagendar Sharma, « Will table Lokpal bill in monsoon session, says PM », Hindustan Times, (consulté le )
  16. CNN-IBN, « Govt blinks on Lokpal bill, Anna to end fast », CNN-IBN, (consulté le )
  17. Special Correspondent, « Ramdev to launch people's movement to root out corruption », The Hindu, Bangalore, (consulté le )
  18. Press Trust of India, « Ramdev fast: Chronology of events », The Times of India, New Delhi, (consulté le )
  19. « A five-star break that led to negotiations with Ramdev », New Delhi, (consulté le )
  20. Press Trust of India, « Midnight police swoop on Baba Ramdev, detention ends protest » [archive du ], Yahoo! News, (consulté le )
  21. http://www.rediff.com/news/slide-show/slide-show-1-ramdev-treated-nigamananda-left-to-die/20110614.htm "Ramdev treated, Nigamananda left to die?"
  22. Indo-Asian News Service, « Will go on fast from Aug 16: Hazare writes to PM », CNN-IBN, (consulté le )
  23. Business Standard Reporter, « Anna Hazare warns of fast unto death from Aug 16 », Business Standard, New Delhi, (consulté le )
  24. Shashank Rao, « Taxi union to join Hazare's fight for lokpal », The Hindustan Times, Mumbai, (consulté le )
  25. Alok Malviya, « Lawyers hold protest in Allahabad in support of Anna Hazare », Law et al. News, (consulté le )
  26. Press Trust of India, « Lokpal: VHP calls for support to Hazare », The Economic Times, Mumbai, (consulté le )
  27. Aarti Dhar, « Anna arrest echoes in Parliament, both Houses adjourned », The Hindu, New Delhi, (consulté le )
  28. « Anna Hazare leaves Tihar, vows 'Our fight has just begun », (consulté le )
  29. « Victory for Anna, Parliament adopts 'sense of House' on Lokpal Bill », (consulté le )
  30. « Anna Hazare to end fast tomorrow », (consulté le )
  31. « Anna begins fast in Mumbai as Lok Sabha debates Lokpal in Delhi », (consulté le )
  32. « Team Anna appeals to Hazare to end fast », (consulté le )
  33. « Lokpal Bill in Rajya Sabha: Govt hunts for numbers with eye on Mamata », (consulté le )
  34. « Lokpal Bill gets President’s nod / India News - Times of India », sur The Times of India (consulté le ).
  35. « Notification », Department of Personnel and Training, Government of India (consulté le )
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